jeudi 5 juin 2014

La Belle au Bois dormant (1959) : ses deux doublages



Dans le cadre du festival «Les anciens doublages Disney » organisé avec « Film Perdu », « La Gazette du Doublage » et « Les Grands Classiques », j’ai le plaisir de vous présenter des extraits inédits ainsi qu’une analyse de l’adaptation et des voix du premier doublage du chef d’œuvre de Walt Disney La Belle au Bois Dormant (1959). Exceptionnellement, j’ai proposé à mon ami Gilles Hané de co-écrire avec moi cet article, d'où l’emploi de la première personne du pluriel. Nos remerciements à Colette Adam, Huguette Boulangeot, Roger Carel, Jean Cussac, Serge Elhaïk, Anne Germain, Jacques Pessis, Greg Philip et Guy Severyns pour leur contribution à cet article.

Bien qu’ayant connu un succès public et critique très mitigé à sa sortie, La Belle au Bois Dormant est considéré par les puristes comme un film phare dans l’œuvre de Walt Disney, car l’ambition artistique de ce projet ne sera jamais égalée par les studios Disney dans les trois décennies suivantes. La stylisation des personnages, la beauté des décors et la musique de Tchaïkovski, donneront aux spectateurs le souvenir d’un film d’une grande force esthétique.

La Belle au Bois dormant a connu deux doublages français, le premier pour sa sortie en 1959 et sa reprise en 1971, le second pour une nouvelle sortie cinéma en 1981. Dès lors, le premier doublage est passé aux oubliettes, et les ressorties de 1987 et 1995 ainsi que les K7 vidéo, CD de la B.O.F, Laserdisc, DVD, et autres Blu-Ray ont repris la nouvelle adaptation. De cet enregistrement, seuls subsisteront dans le commerce  pendant des années les chansons du film : « C’était Vous » - uniquement la partie chantée par la princesse se terminant par ses vocalises (utilisée dans certaines compilations en CD), et « Le Monde », « Gloire à la Princesse Aurore », « A toi La beauté », ainsi que le premier couplet de la chanson des Rois : « Trinque ». Ces airs figurent dans l’enregistrement réalisé en 1959, gravé sur le disque 25 cm proposé par le label  « Le Petit Ménestrel, »  en collaboration avec les studios Disney, et raconté superbement par Michèle Morgan entourée de comédiens talentueux. Cet enregistrement de l’histoire et des chansons du film, contrairement à de nombreux autres titres de la collection ne fut jamais réenregistré et fit l’objet d’une longue exploitation, 30 cm, CD avec diverses couvertures, ce qui en dit long sur sa qualité artistique. Certains airs sont repris dans le disque 17cm raconté par Caroline Cler, et dans des compilations de chansons publiées chez le même éditeur. C’est d’ailleurs l’une des rares fois où ces chansons sont reprises de la bande sonore du film sans être réenregistrées ou réadaptées, pratique alors courante dans la collection le Petit Ménestrel.

Au catalogue de Film Office en super 8mm, un premier montage sonore des scènes finales du dessin animé, « Le Prince et le Dragon »,  fut également longtemps disponible. Bizarrement, et de manière plus brève, dans un montage deux fois plus long de chansons populaires de films de Disney paru après 1981, intitulé « Disney Mélodies », on pouvait encore entendre « C’était vous » jusqu’à l’intervention du Prince. Ces articles, très onéreux à l’époque, étaient réservés à une élite sociale équipée de projecteurs sonores, ou de passionnés, et furent donc distribués dans un circuit plus restreint que les vinyles suscités. Un autre montage sonore en super 8mm, de 60 m, disponible à partir des années 80 : « Valse de la Forêt » reprenait le réenregistrement de 1981, contrairement à ce que l’on peut trouver affirmé sur certains sites.

Il y a quelques années, deux passionnés ont diffusé plusieurs extraits inédits du premier doublage : la forêt (Le Monde / C’était vous), la préparation des surprises d’anniversaire, Eglantine guidée par Maléfique, Maléfique et Philippe dans le cachot / Evasion et combat de Philippe. Très récemment, nous avons retrouvé de nouveaux extraits très courts, ce qui a permis à notre ami Greg Philip (Film perdu) de réaliser un montage avec le talent qui est le sien. Nos apports sont minimes, mais plairont certainement aux fans de La Belle au Bois Dormant et de son premier doublage. Quels sont-ils ?

-Courts extraits de la scène du baptême d’Aurore
-Scène « Eglantine guidée par Maléfique » commencée quelques secondes plus tôt par une discussion entre les fées
-Courte réplique de Flora (« Partons ») au chevet d’Aurore (omise dans la version de 1981)
- Intégration de la chanson « Trinque » et de plusieurs chœurs qui avaient été en partie utilisés pour le disque de l’histoire du film racontée par Michèle Morgan.
-Intégration de l’image des  génériques d’époques de début et de fin, disponibles dans le Laserdisc du second doublage (ce qui explique pourquoi nous avons laissé le chœur en V.O.). Notons que le générique de début contient la distribution du premier doublage, la mention « d’après le conte ravissant de Charles Perrault » et que le générique de fin est différent de celui de la V.O : après un fondu au noir qui l’écourte, avant l’extinction de la bougie, le mot « fin » est indiqué dans un carton à part, alors que dans la V.O « The end » est en surimpression du livre fermé, après l’extinction.

Ces nouveaux éléments nous donnent l’opportunité de rectifier la fiche "voxographique" donnée sur le forum de « La Gazette du Doublage » par un voxophile en 2003, recopiée avec ses erreurs sur de nombreux sites, et même retrouvée sur le passionnant et magnifique ouvrage que Pierre Lambert a consacré à La Belle au Bois Dormant. Ils nous permettent également de faire une analyse comparative de l’adaptation et des voix des deux doublages :


L’ADAPTATION DES DIALOGUES

Pierre-François Caillé
L’adaptation des dialogues est signée par Pierre-François Caillé (1907-1979), traducteur de référence. On lui doit notamment la traduction du livre Autant en emporte le vent et la fondation de la Société Française des Traducteurs (1948). Il adapte le doublage de plus de cent cinquante films, parmi lesquels Autant en emporte le vent (1945) pour sa sortie en France en 1950, Vera Cruz (1954), Les 101 Dalmatiens (1961), Quoi de neuf, Pussycat ? (1965) ou Pendez-les haut et court (1968). Un prix de traduction porte son nom. 
Son adaptation est plus précise, riche et fidèle que celle réalisée en 1981 par Natacha Nahon (ce qui n’enlève rien aux mérites de cette dernière, d’autant que le problème des « redoublages » chez les adaptateurs est épineux puisqu'ils sont tenus par la Sacem de faire une adaptation différente de celle du premier doublage pour ne pas être accusés de plagiat).
Natacha Nahon a adapté plusieurs Disney dans les années 70/80 : Les aventures de Bernard et Bianca (1977), Le Petit Âne de Bethlehem (1978)et s’est également chargée à cette même époque de la réadaptation de Dumbo (1980).

Précise…

- Pierre-François Caillé utilise le terme exact de baquet et non de seau pour animer les ustensiles de ménage dans la chaumière,

- Le futur épousé est accusé par Pimprenelle d’être « décati » (old en anglais). C’est une exagération comique, car le Prince Philippe n’a peut être que cinq ans de plus que la princesse Aurore et n’est pas vraiment défraichi ! En 1981 il est simplement qualifié d’« horrible », la référence à l’âge disparaît … avec l’humour. Certes, peu d’enfants connaissent le premier adjectif, mais désormais ils ont perdu l’occasion de le découvrir.

Riche…

- Le sortilège final de Maléfique sur le château de Stéphane est, par Pierre-François Caillé « Qu’une forêt de ronces devienne son tombeau, dans un nuage de mort qu’elle croisse inextricable, assouvis ma vengeance, je la veux implacable, que la malédiction règne autour du château ». Plus sépulcral et vindicatif que « Qu’une forêt de ronces soit désormais son tombeau, qu’un orage se déchaine et qu'il gronde la haut, vas, cours et porte par-delà l’horizon, au château et alentours cette malédiction ».

Fidèle…

- Eglantine est la traduction de Briar Rose, le pseudonyme exact utilisé par les Fées d’après le narrateur de la V.O., et non Rose comme dans la version de 1981. Mais les marraines utilisent le diminutif de Rose en anglais à plusieurs reprises à l’égard de leur filleule. On imagine donc que Natacha Nahon a choisi « Rose » pour des questions de synchronisme.

- C’est bien « Avant le coucher du soleil, à son seizième anniversaire » et non « avant l’aube de ses seize ans » que la princesse doit se piquer et se piquera le doigt… Ce qui maintient le suspens après la découverte de la véritable identité d’Eglantine par le corbeau, et oblige Maléfique à agir très vite pour que sa prédiction se réalise. Un traveling abandonne d’ailleurs les trois Fées penchées sur le corps inanimé d’Aurore, pour cadrer un soleil se couchant encore, dans l’embrasure de la fenêtre du donjon, soulignant l’accomplissement de la funeste prophétie de la sorcière. Ce soleil, enfin couché, quelques secondes plus tard est d’ailleurs le signal pour démarrer les festivités associées au retour de la Princesse Aurore, que l’on croit rescapée de la malédiction de Maléfique.

- En anglais, Flora arme le bras de Philipe d’un bouclier de Vertu et d’une épée de Vérité, ces appellations symboliques sont conservées par Pierre François Caillé, Natacha Nahon ne donne au Prince qu’un simple bouclier, mais l’épée de Vérité garde son nom.




Des différences de points de vue entre les deux doublages…

-Maléfique est toujours la Fée du Mal chez Caillé, elle invoque les forces du Mal qu’elle commande après que son sort est accompli, et aussi quand elle se change en dragon pour tenter d’arrêter le Prince qui a osé la défier. La référence à l’Enfer au moment de cette métamorphose dans le deuxième doublage paraît presque inadaptée car connotée religieusement. Le Mal est plus universel, car moral, et plus laïque. Pourtant, si l’on suit à la lettre la Version Originale ("Now shall you deal with me O Prince, and all the powers of hell !"), … c’est quand même Natacha Nahon qui a raison !

-Eglantine, avec Pierre-François Caillé, qualifie le prince de ses rêves de « romanesque » (sorti d’un roman). Il est devenu « romantique » chez Natacha Nahon. Le terme « romantic »  dans la V.O. recouvre les deux notions. Mais il y a une différence. A qui donner raison ? Ca se discute…

Quelques imperfections dans le premier doublage :

-Le vocabulaire d’Eglantine est parfois un peu daté. Elle déclare qu’elle a « roulé » ses marraines, Rose en 1981 se contente de leur « désobéir ».

- Les incantations de Pimprenelle lorsqu’elle fait le ménage, et de Flora concevant la robe, sont normalement en vers en V.O. tout comme les explications de Flora au Prince lors de sa libération du cachot du château de la Montagne Interdite. P. F. Caillé a choisi de ne pas versifier, à la différence de Natacha Nahon qui, elle, ne fait rimer que Flora en ces deux occasions.

Quelques incohérences dans le deuxième doublage :

- Pimprenelle dans la V.O. sauve la Princesse en la plongeant dans le sommeil et non dans la mort. Mais jamais la durée de 100 ans n’est explicitement évoquée dans ce passage de la V.O.

- Lorsque la Princesse s’adresse en parlant à la chouette déguisée en Prince ou au prince lui même, elle les vouvoie. Philippe continue de la vouvoyer dans la partie dialoguée. En revanche lorsqu’ils chantent, ils n’hésitent pas à se tutoyer à tour de rôle. La musique adoucit les mœurs, c’est bien connu !

- Maléfique passe du tutoiement au vouvoiement lorsqu’elle s’adresse à son corbeau. « - Et toi, tu es mon dernier espoir, prends ton vol et va enquêter… » ;  mais alors qu’il vient d’être changé en gargouille par Pimprenelle : « - Et vous, dites à ces folles de… »  hurle Maléfique, comme si elle s’adressait à une foule éloignée d’elle.
Erreur, elle parle à son corbeau !
Les folles, ce sont ses sbires, ses créatures que Pierre-François Caillé lui fait traiter de sottes. Mais chez lui, la méchante Fée tutoie son corbeau et lui parle sans hurler, conformément à la version originale…puisque seuls cinquante centimètres les séparent !


L’ADAPTATION DES CHANSONS

Comme pour La Belle et le Clochard (1955), l’adaptation des chansons en 1959 est signée Henry Lemarchand (parfois orthographié Henri). Cet auteur de chansons qui a adapté il y a déjà des années « Lily Marlene » en français et en écrira encore de nombreuses autres, signera aussi l’adaptation des airs de La Mélodie du Bonheur (1966). Un autre nom est associé à Henry Lemarchand pour cette adaptation de La Belle au Bois Dormant : Michel Lukine. Il n’apparaît pas sur les cartons du générique français de 1959, ni sur les brochures publicitaires, mais est fréquemment cité comme co-adaptateur des chansons tant sur le livre disque Disneyland évoqué précédemment, que sur différentes reprises de « C’était Vous », dont les paroles se rapprochent de la version de 1959, par Mathé Altéry (chez Pathé), mais aussi Marie Myriam (Le Petit Ménestrel), voire même plus tardivement Douchka (Ibach/Polygram) !
En 1981, Natacha Nahon, en plus des dialogues,  adapte également les chansons, elle n’a peut-être pas encore un « pedigree » équivalent. La force de l’expérience joue un peu contre elle sur l’air principal du film : « C’était vous » nous paraît mieux écrit que « J’en ai rêvé », et la prosodie utilisée sur « l’il-lu-si-on »  qui parfois nous ment par Huguette Boulangeot, est parfaite.
Les  offrandes des fées chantées par les chœurs au début du film sont aussi plus allégoriques et donc plus poétiques en 1959, que celles plus descriptives proposées par Natacha Nahon.
Dans cette dernière adaptation, l’adjectif joli (assez pauvre) est un peu galvaudé :
- Jolie Princesse reçoit tous nos vœux (Gloire à la Princesse Aurore)
- Sa voix sera jolie - (Les dons des Fées)
- A celui, que la nuit, je vois dans mes rêves si jolis - (Je voudrais)
- Un aussi doux rêve est un présage joli - (J’en ai rêvé)

Quelques incohérences relevées dans le 2ème doublage :

- Le terme « belle au bois dormant » signifie « la jeune fille dormant dans le bois » (le bois que la 7ème fée chez Perrault a fait pousser pour protéger son sommeil de 100 ans). Natacha Nahon déforme ce sens dans la chanson « Je voudrais » en faisant dire à Rose « Je suis sa belle au bois dormant ». La belle de l’inconnu parce qu’il hante ses rêves alors qu’elle vit recluse dans la forêt ? Briar Rose, en anglais, attend simplement que quelqu’un vienne à sa rencontre pour lui chanter une chanson d’amour. En V.O., l’expression "Sleeping Beauty" n’est citée que dans la chanson où les fées endorment le château, car la notion de bois ne figure pas dans le titre anglais, et à ce moment-là Aurore est bien endormie ! Natacha Nahon glisse à nouveau donc « la belle au bois dormant » dans cette chanson… bien qu’aucun bois n’entoure pour l’instant le château. Mais « La Belle au Bois Dormant » est presque une antonomase pour désigner une belle jeune fille endormie… avec ou sans bois !

- La chanson « J’en ai rêvé » est chantée avec des paroles différentes par Rose et les chœurs du début ou de fin de film : ainsi « un aussi doux rêve est un présage joli » (chœur) / « … un présage d’amour » (Rose). Avec « amour » la rime avec « mornes et gris » qui arrive dans les vers suivants se perd. Le remplacement d’un mot par l’autre parait presque une erreur non remarquée lors de l’enregistrement.


LES COMEDIENS

Le directeur artistique du premier doublage ne figure pas au générique. Il s’agissait certainement de Serge Nadaud ou Henri Allegrier-Ebstein. Le deuxième doublage était quant à lui dirigé par la comédienne Jacqueline Porel, qui à la manière des apparitions « hitchcockiennes » s’attribuait régulièrement quelques répliques dans les doublages qu’elle dirigeait (dans le doublage de 1981 elle double la Reine). Le jeu des comédiens est globalement plus théâtral en 1959, du fait des origines d’une partie de la distribution, de la direction des comédiens à l’époque et aussi peut-être à cause de l’adaptation plus classique. En 1981, le jeu s’est allégé…mais les personnages y ont peut être perdu un peu de caractère, et la tension dramatique s’en ressent.

Dans le premier doublage, Aurore est doublée par une certaine Irène Valois sur laquelle nous n’avons aucune information. Il s’agit certainement d’une jeune comédienne qui  a arrêté sa carrière assez tôt. Elle fait plus enfantine et naïve que Janine Forney (doublage de 1981), dont la voix fragile convient bien aux jeunes adolescentes frondeuses (Pamela Franklin dans Les belles années de Miss Brodie (1969)), ou aux jeunes femmes perturbées (Margot Kidder dans Sœurs de sang (1973)). En 1981, Aurore paraît plus malicieuse, contemporaine mais aussi un peu moins altière que dans la version originale. Mais ni Irène Valois ni Janine Forney n’arrivent à égaler la voix de Mary Costa, plus sophistiquée, dotée d’une diction raffinée et aristocratique. Avec elle, Aurore bien qu’élevée pendant 16 ans au milieu d’une forêt, s’exprime déjà comme une princesse. Quelle distinction innée !

Jeanne Dorival
Pour Maléfique, le ton du doublage de 1959 nous semble plus juste, même si le jeu est un peu théâtral, Maléfique reste toujours maîtresse d’elle-même. Elle est doublée par Jeanne Dorival dont la carrière est assez confidentielle et même mystérieuse : quelques feuilletons radiophoniques comme Signé Furax (dans le rôle de Malvina avec Maurice Biraud, dont elle était proche) et Les Maîtres du Mystère,  peu de télévision ou de cinéma, un peu de théâtre (il est possible qu’elle ait un lien de parenté avec Georges Dorival, sociétaire de la Comédie-Française), on perd complètement sa trace en 1962. Nous avons contacté le journaliste et réalisateur Jacques Pessis, qui nous a indiqué n'avoir lui-même pas réussi à retrouver sa trace (ni celle d'éventuels ayants-droit) au moment de l'édition CD de Signé Furax dont il est le producteur. Tout ce qu'il peut nous dire, c'est que Jeanne Dorival ne faisait pas partie de la "bande" habituelle de Pierre Dac et Francis Blanche... Dans La Belle au Bois dormant, Jeanne Dorival compose son personnage : elle insiste volontairement sur des mots pour donner davantage de reflet à son texte. Apparitions et départs spectaculaires au baptême, ou dans la tour haute du château, transformation finale en dragon : Maléfique est un peu cabotine, et Jeanne Dorival est en parfaite adéquation avec cette sorcière qui s’exprime fréquemment avec ironie et condescendance. Cela concorde avec un univers de conte de fées, qui supporte très bien une certaine emphase.

Maléfique reste affectée en 1981, mais plus en surface, du fait d’un texte un peu moins riche ; mais parfois elle perd son sang-froid et va jusqu’à hurler (notamment dans la scène finale). Sylvie Moreau, dont la voix profite d’une bonne « réverbe » tout au long du film, rajeunit beaucoup Maléfique et la rend presque séduisante, élégante, voire suave (pour mémoire elle a doublé Sigourney Weaver dans Working Girl). Grâce à elle, on se rend enfin compte de la beauté de ses traits sous ses cornes, mais,  elle surjoue un peu, ses rires prolongés par exemple, manquent parfois d’authenticité. Mais indéniablement, Sylvie Moreau apporte une touche personnelle, indélébile à la personnalité de Maléfique. Le seul soucis de continuité vocale ne peut justifier qu’elle ait été à nouveau distribuée dans ce même rôle, des années plus tard, sur le jeux vidéo Kingdom Hearts 2, et en voix-off dans la bande annonce française pour le lancement du film en Blu-Ray.
Jeanne Dorival lui donne, quant à elle, un côté plus autoritaire et sec, elle semble aussi plus âgée, cependant sa voix se rapproche davantage du timbre d’Eleanor Audley. C’est important  car le rire de cette dernière a été laissé à plusieurs reprises dans les 2 VF, et donc Jeanne Dorival  est plus « raccord ».



Jeanne Dorival (Duchesse d'Olivarès) et Danièle Condamin (Princesse d'Eboli)
dans Don Carlos (1957)


Flora sonne un peu plus vieille et plus « rustique » en 1959 dans la bouche d’Henriette Marion, comédienne habituée aux personnages à fort tempérament. Chez Disney, on la retrouve les années suivantes dans Les 101 Dalmatiens (Nanny, la gouvernante), Merlin l’enchanteur (Aglaé, la cuisinière d’Hector) ou bien encore Mary Poppins (la femme aux oiseaux). En 1981, le personnage sera doublé par l’excellente Paule Emanuèle, habituée des doublages de Jean-Pierre Dorat et Jacqueline Porel (La Reine de Cœur dans Alice au Pays des Merveilles (doublage de 1974), Shelley Winters/Lena Logan dans Peter et Elliott le dragon (1977), Big Mama dans Rox et Rouky (1981), Tante Sarah dans La Belle et le Clochard (doublage de 1989), etc.). Toutes les deux sont proches de la V.O (Verna Felton) tout en apportant des nuances différentes. Henriette Marion est plus dramatique et grave (par exemple dans de la scène de libération du Prince, où elle instaure une vraie tension), Paule Emanuèle apporte quant à elle une dimension plus joviale à la rondeur du personnage, particulièrement dans les préparatifs de l’anniversaire de la princesse.


Henriette Marion (Mlle Dochet) et Jean Richard (Maigret)
dans Les Enquêtes du commissaire Maigret : La maison du juge (1969)


Colette Adam en 1932
Voix française occasionnelle de Joan Fontaine, Maureen O’Hara ou bien encore Ida Lupino, la voix de Colette Adam est méconnaissable lorsqu’elle interprète Pâquerette (et non Pimprenelle, comme indiqué sur tous les sites). Si elle ne figurait pas au générique et si elle ne nous avait pas elle-même confirmé sa participation à ce doublage lorsque nous l’avions interviewée il y a une dizaine d’années, il nous en serait permis d’en douter. Issue d’une famille proche de George Sand (qui participera à la grande donation du Musée de la Vie Romantique), Colette Adam a fait ses débuts au Théâtre de l’Odéon au début des années 30. Sa silhouette assez fine lui permet de jouer notamment Chérubin dans Le Mariage de Figaro. Voisine de Camille Guérini dans le quartier des Pyrénées à Paris, qu’elle côtoie à la ville et en studio, elle est restée très amie de Renée Simonot (membre avec elle de « La Costière », l’association des anciens de l’Odéon) avec qui, dans les années 40, elle partage les jeunes premières du cinéma américain ; son amie aux studios Paramount, et elle à ceux de la Fox. « Un jour où je venais au studio avec de magnifiques chaussures en pécari, Nicolas Katkoff (directeur du studio) me dit « Dis donc, ça marche bien la synchro! » » nous confiait-elle avec amusement. La Belle au Bois Dormant est l’un de ses derniers doublages, car en raison d’engagements de moins en moins nombreux, elle arrête le métier vers 1960 au profit d’une sage reconversion dans un poste administratif pour une caisse de retraites. Sa Pâquerette, très contrastée, fait un peu gâteuse et gaffeuse mais dégage aussi un réel potentiel comique et émotionnel. En 1981, Marie-Christine Darah, qui est à la fois la voix française de Whoopi Goldberg, mais aussi celle du jeune renard dans Rox et Rouky (1981), adoucit quelque peu les contours.

Les interprétations de Pimprenelle par Jacqueline Ferrière (et non Colette Adam) en 1959 et Jeanine Freson en 1981 sont sensiblement identiques et conformes à l’originale : Barbara Luddy, qui prêtait sa voix à Lady dans « La Belle et le Clochard ». C’est probablement l’unique incursion de Jacqueline Ferrière dans le dessin animé, plus habituée aux brunes brûlantes hollywoodiennes (Ava Gardner, Jane Russell), mais elle s’y glisse parfaitement ; tout comme Jeanine Freson qui prêta souvent sa voix à Natalie Wood.

Jacques Berlioz
La fiche établie en 2003 donnait pour le Roi Stéphane le nom de Raymond Rognoni et pour le Roi Hubert le nom de Jacques Berlioz, mais l’écoute de ces nouveaux extraits nous prouve que c’est tout le contraire. Jacques Berlioz (voix des grands seconds rôles Ed Begley, Louis Calhern et Lionel Barrymore, et du père de Don Diego/Zorro dans les premières saisons) prête sa voix grave et granuleuse à Stéphane, et Raymond Rognoni (fondateur de l’école des enfants du spectacle, voix de Joyeux dans le doublage de 1962 de Blanche-Neige et les sept nains) apporte sa rondeur bonhomme au Roi Hubert, comme il l’avait fait à Peter Lorre dans Vingt mille lieues sous les mers (1954). Roger Carel remplace Rognoni à l’identique en 1981, en y apportant une note peut-être plus comique. Autre membre de l’ « écurie » Porel, René Bériard prête sa voix à Stéphane dans ce deuxième doublage pour les dialogues. Pour la chanson « Trinquons à ce soir », il semble avoir eu le soutien du chanteur Henry Tallourd.

Grand habitué des studios de doublages des années 40 aux années 70, Maurice Nasil double l’aboyeur de la cour en 1959. Marc François lui succèdera en 1981, en y mettant une touche plus « solennelle ».


LES CHANTEURS

Dans la première version, les chanteurs sont dirigés par le grand chef d’orchestre Georges Tzipine. Chez Disney, il officie depuis la Libération, sera remplacé par André Theurer pendant les années 60 (du redoublage de Blanche Neige et les sept nains en 1962 à Les Aristochats en 1970) avant de reprendre le flambeau en 1971 avec L’apprentie sorcière jusqu’en 1979 où il sera remplacé pour la décennie qui suit par notre ami Jean Cussac (chanteur classique, choriste dans la variété et le doublage, membre des Swingle Singers) qui assurera donc la direction musicale du doublage de la version de 1981.

Nous avons pu grâce à ce dernier (qui n’a pas travaillé pour le premier doublage mais qui est de la génération de ses chanteurs) et à Serge Elhaïk contacter les chanteurs du premier doublage :

Huguette Boulangeot
Veuve du chanteur Michel Hamel, Huguette Boulangeot est une chanteuse lyrique, à qui on doit de nombreux enregistrements d’opérettes (dont certains ont été réédités en CD, ou sont disponibles sur les plateformes de téléchargement : L’auberge du cheval blanc, Les cloches de Corneville), ainsi que des valses pour le disque et la radio. Elle cessera d’enregistrer vers 1973 en raison de problèmes de voix suite à une opération, et enseignera pendant un moment le chant dans un conservatoire du Nord dirigé par son amie Claudine Collart. Elle ne se souvient plus précisément du doublage de La Belle au Bois Dormant, à part qu’elle avait beaucoup apprécié ce doublage et qu’elle n’en a, dans son souvenir, pas fait d’autres. Pour le chant d’Aurore, la voix d’Huguette Boulangeot est plus proche de l’originale, la soprano Mary Costa, qui assurait dans la version originale les dialogues et les chansons. Les vocalises d’Eglantine en forêt, conservées en version originale, s’harmonisent facilement avec sa voix, plus opératique que celle qui lui succède en 1981.
Danielle Licari
Danielle Licari
est une ancienne élève de la Maîtrise de Radio France, qui a notamment prêté sa superbe voix à Catherine Deneuve dans Les Parapluies de Cherbourg (1964), puis a connu un succès international avec le « Concerto pour une voix » qui l’a conduit à mener par la suite une carrière de soliste sous le label Barclay au travers de plusieurs albums dans les années 70. La version de Danielle Licari est plus simple, plus « variété » ;  sa voix très pure s’harmonise aussi avec les vocalises de Mary Costa,  et elle est forcément plus adéquate pour les oreilles des enfants de 1981 et d’aujourd'hui, car plus contemporaine que la précédente. En ce sens, elle s’adapte parfaitement avec le jeu moderne de Janine Forney. Cependant ni Huguette Boulangeot, ni Danielle Licari ne raccordent parfaitement avec leurs voix parlées, mais cela n’a que peu d’importance, grâce à leur talent respectif, la magie opère. D’ailleurs, des chanteuses aussi différentes que Micheline Dax ou Natalie Dessay, qui ont officié elles aussi dans le doublage, ont prouvé que des voix parlées et chantées pouvaient être complètement différentes.

La voix du Prince en 1981 est plus légère et plus jeune que la V.O. et très caressante tant parlée (par Guy Chapelier) que chantée (par Olivier Constantin). Ici les  deux timbres s’accordent parfaitement. En 1959, la voix de Philippe est plus riche en testostérone, se rapprochant ainsi de la voix originale (Bill Shirley). C’est Guy Severyns qui double le Prince. Comme nous connaissons peu sa carrière il nous a fait part de quelques souvenirs : « Je suis entré en 1942 au Conservatoire, mais le classique c’était trop sérieux pour moi, j’ai préféré faire du music-hall. Pendant la guerre, j’ai connu Eddie Barclay qui pour contourner l’interdiction de danser dans des bals avait ouvert un cours de danse, ce qui était autorisé. J’ai fait mes débuts en allant de concours de chant en concours de chant: amateurs puis semi-professionnels puis professionnels. Je faisais aussi beaucoup de galas gratuits pour les anciens prisonniers de guerre. Un jour j’ai gagné un concours à la radio, j’étais ex-aequo avec Jacqueline François. Ce prix-là m’a donné deux émissions avec l’orchestre de Jo Bouillon qui était à la RTF à l’époque. Et deux mois après je l’accompagnais comme chanteur d’orchestre avec sa femme Josephine Baker dans toute l’Europe, notamment en Suisse et en gala international à Berlin. J’ai aussi été chanteur d’orchestre pour Hubert Rostaing, on a fait des galas à Oran et Alger. J’ai fait énormément de radio : j’avais des émissions régulières comme pendant deux ans « Centrale 21-53 » avec Gisèle Paris et Robert Beauvais tous les dimanches matin en direct du Rex. Je devais chanter ce que les auditeurs demandaient au téléphone pour des anniversaires, des amis, etc. Pierre Spiers dirigeait l’orchestre et je chantais un peu de tout en fonction des demandes, après avoir répété rapidement en studio. J’ai aussi enregistré pas mal de disques pour Guy Lafarge avec qui j’ai débuté vers 47-48, j’ai même eu un prix à Deauville avec une chanson de lui qui s’appelait « Pour moi tout seul ».
J’ai fait un duo avec sa compagne Eliane Thibault (voix de Mary Poppins, ndlr), « Le Sable et la Mer ».Guy Lafarge m’a appris à bien articuler les chansons, il me disait « Une chanson c’est comme une petite pièce de théâtre en trois couplets, et un refrain ». C’était un temps où les chansons voulaient dire quelque chose.

Et puis j’ai été chanteur d’orchestre au Claridge sur les Champs Elysées, et chanteur au Lido. Au Lido c’était une sécurité financière car je travaillais tous les soirs mais ça m’a un peu coupé de la radio et de la télé car j’y ai travaillé cinq ans, je finissais tous les soirs à 2 ou 3 heures du matin, donc c’était impossible d’enchaîner le lendemain matin avec du studio. Quand ça s’est fini j’ai essayé de me remettre dans le circuit mais les places étaient prises. L’acteur André Pousse qui était également impresario m’a envoyé au Liban pour faire sept mois avec la revue du Moulin-Rouge et j’ai enchaîné avec cinq ans au Moulin-Rouge. Ca m’a permis de faire vivre ma famille, mais on ne peut pas chanter ce qu’on veut dans ces boîtes-là, il y a un programme imposé pour les touristes, etc. Et il ne faut pas avoir des problèmes de voix, ça m’est arrivé une seule fois d’être aphone et je m’en souviens encore. Comme je voyais que ma carrière n’allait pas me mener bien loin j’ai accepté la proposition de quelqu’un (que je connaissais du temps où je chantais des publicités à la radio) de me reconvertir : je suis entré dans les laboratoires Vichy, d’abord comme représentant puis comme responsable des étalages. J’ai travaillé jusqu’à soixante-cinq ans alors ça me fait rigoler quand on parle de la retraite à soixante ans. J’ai commencé à travailler en 39, ce n’est pas ma faute s’il y a eu la guerre (rires). »

Guy Severyns : Quelqu'un viendra demain (1957)

Quand on lui parle de doublage : « Je faisais beaucoup de radio, énormément de publicités à Radio Luxembourg avec la secrétaire du directeur qui était la maman de Jean-Loup Dabadie,  car toutes les publicités étaient chantées à l’époque. Mon grand succès était Banania, Aspro aussi, les graines Vilmorin. Mais également pas mal de doublage dans les années 50, car dans beaucoup de films américains qui arrivaient pour être doublés il y avait des chansons et on me demandait. Je travaillais principalement pour Georges Tzipine, chef d’orchestre et responsable de la synchronisation. J’en ai fait une dizaine avec lui, notamment dans les studios de Gennevilliers, mais je ne me souviens plus des titres, à part La Belle au Bois Dormant, dont je n’ai malheureusement conservé aucune copie. Ca se faisait par coup de fil, il fallait pouvoir déchiffrer rapidement la musique, souvent on enregistrait séparément ce qui explique pourquoi je ne me souviens plus très bien de mes partenaires. Je me rappelle avoir doublé un chanteur-comédien-danseur très talentueux, mais il est malheureusement décédé assez jeune, donc tant pis pour moi ! (rires) ».

Un autre élément à signaler pour les chansons est l’importance des chœurs dans la musique du film. En 1959, ils sont interprétés par le Chœur Marguerite Murcier, cette dernière étant (selon Jean Cussac  qui  a fait partie de ce chœur à ses débuts, tout comme d’autres choristes de variétés de formation classique comme Jeanette Baucomont ou Michèle Bertin-Conti) organiste à l’Eglise Saint-Etienne-du-Mont (Paris). Son  ensemble vocal accompagnait dans les années 50 bon nombre de chanteurs comme Edith Piaf ou Luis Mariano, et participait à des musiques de films et des doublages. Il était constitué de chanteurs lyriques issus notamment de l’Opéra-Comique, toute une génération balayée à la fin des années 50 par l’arrivée des choristes « modernes » avec des voix non lyriques inspirées par le jazz vocal. Si les chanteurs du Chœur Murcier ne sont plus engagés dans la variété dans les années 60, certains continueront en revanche à faire quelques chœurs dans des doublages comme Pierre Marret ou Georges Théry (Mary Poppins (1964), etc.), fondateurs du groupe Les Compagnons de la Barrique.

Dans la première version française de La Belle au Bois Dormant, les chœurs sont fidèles à la V.O, mais roulent les « r », comme cela était encore à la mode, et de ce fait, sonnent un peu « vieillots ». Les chœurs de 1981 dirigés par Jean Cussac sont beaucoup plus euphoniques, particulièrement harmonieux, il n’y a qu’à écouter leur splendeur dans la chanson de l’endormissement du château. On y retrouve notamment Danielle Licari, Anne Germain (qui nous a indiqué que, fait exceptionnel car le doublage des chansons se faisait normalement sans répétition, une répétition avait eu lieu dans une salle à Vincennes pour mettre en place les chœurs de La Belle au Bois dormant), Claudie Chauvet, la magnifique et inégalable voix de basse profonde de Jean Stout (voix de Baloo), et bien d’autres chanteurs, parmi lesquels un « renfort » évident de choristes classiques (certainement André Meurant, Michel Richez, etc.).


LES EXTRAITS

Voici maintenant les extraits. La restauration du son, la synchronisation et le montage sont le fait de notre ami Greg Philip (blog Film Perdu).



FICHES RECAPITULATIVES

Doublage français d'origine (sortie française 16 décembre 1959) :

Société : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 1
Studio : ?
Direction artistique : ?
Direction musicale : Georges Tzipine 2
Adaptation des dialogues : Pierre-François Caillé 1
Adaptation des chansons : Henry Lemarchand 1
Enregistrement : ?

Princesse Aurore / Eglantine : Irène Valois 3 (Dialogues)
Princesse Aurore / Eglantine : Huguette Boulangeot 3 (Chant)
Prince Philippe : Guy Severyns 3 (Chant, et certainement dialogues)
Maléfique : Jeanne Dorival 3
Flora : Henriette Marion 3
Pâquerette : Colette Adam 4
Pimprenelle : Jacqueline Ferrière 5
Roi Stéphane : Jacques Berlioz 6
Roi Hubert : Raymond Rognoni  3
Aboyeur de la cour : Maurice Nasil 6
Choristes : Chœur Marguerite Murcier 1


Second doublage français (sortie française 25 mars 1981) :

Société : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 1
Studio : ?
Direction artistique : Jacqueline Porel 1
Direction musicale : Jean Cussac 1
Adaptation dialogues et chansons : Natacha Nahon 1
Enregistrement : ?

Princesse Aurore / Rose : Janine Forney 1 (Dialogues)
Princesse Aurore / Rose : Danielle Licari 1 (Chant)
Prince Philippe : Guy Chapelier 1 (Dialogues)
Prince Philippe : Olivier Constantin 7(Chant)
Maléfique : Sylvie Moreau 1
Flora : Paule Emanuèle 1
Pâquerette : Marie-Christine Darah 1
Pimprenelle : Jeanine Freson 1
Roi Stéphane : René Bériard 1 (Dialogues)
Roi Stéphane : Henry Tallourd 8(Chant)
Roi Hubert : Roger Carel 1 (Dialogues et chant)
La Reine : Jacqueline Porel 4
Le Narrateur : Hubert Noël 1
Aboyeur de la cour : Marc François 9
Un sbire de Maléfique : Marc François 9
Choristes : Jean Cussac 8, Anne Germain 8, Danielle Licari 8, Claudie Chauvet 8, etc.

Fiches voxographiques de La Belle au Bois Dormant réalisées par François Justamand (La Gazette du Doublage), Rémi C. (Dans l’ombre des studios), Greg P. (Film perdu) et Olikos (Les Grands Classiques). Ces fiches ont été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs. Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien.

Sources : 1Carton Laserdisc/VHS/DVD/CD, 2Hercule / Nouveau forum doublage francophone (d’après CD québécois), 3F. Justamand / La gazette du doublage (d’après archives CNC), 4Gilles Hané / Dans l'ombre des studios (remerciements à Colette Adam), 5Bastoune / Dans l'ombre des studios,
6Jean-Pierre Nord / Dans l'ombre des studios, 7FX/ La gazette du doublage , 8Rémi / Dans l'ombre des studios  (remerciements à Gilles Hané, Anne Germain, Jean Cussac et Claudie Chauvet),9Darkcook / Nouveau forum doublage francophone (confirmé par David Gential)


BONUS


Reprise de "C'était vous mon rêve" par Mathé Altéry

LE FESTIVAL

Article publié dans le cadre du mini-festival internet « Les anciens doublages Disney », un événement proposé par Greg P./Film Perdu (restauration sonore et montage, archives presse), Rémi C./Dans l’ombre des studios (co-écriture des articles, coordination de l’événement, des archives et des identifications de voix), FJ /La Gazette du Doublage (archives) et Olikos/Les Grands Classiques.

Avec le soutien précieux de Jean-Pierre Nord et Bastoune (identification des voix), Sébastien Roffat (histoire de l’animation), Gilles Hané et Christian (collectionneurs).

Découvrez les autres articles du festival : lundi 2 juin Pinocchio sur Film Perdu, mardi 3 juin Bambi sur Les Grands Classiques, mercredi 4 juin Alice au Pays des Merveilles sur La Gazette du Doublage et jeudi 5 juin La Belle au Bois Dormant sur Dans l’ombre des studios.

Vous êtes collectionneur et possédez des bobines contenant l’intégralité ou des extraits d’anciens doublages Disney ? Prière de nous contacter à danslombredesstudios@gmail.com


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12 commentaires:

  1. Article qui pourrait être super intéressant mais qui se retrouve finalement dur à lire à cause du snob, du manque de professionnalisme, de classe et de respect de la part des auteurs.
    Montrer que le premier doublage est forcément meilleur parce qu'il est l'original en rabaissant le travail des comédiens de 1981 de toutes les façons possible était franchement agaçant.

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    1. Nous avons reçu de nombreux commentaires positifs sur les réseaux sociaux. Libre à vous de ne pas aimer notre travail, mais ces remarques anonymes nous semblent assez injustes et gratuitement méchantes.

      Cet article a été écrit à deux, l'un d'entre nous est "né" avec le premier doublage, l'autre avec le deuxième, donc il y a quand même un équilibre. Nous ne rabaissons nullement le travail des comédiens de 1981: pour la plupart nous donnons des "clés de comparaison" sans prendre de parti pris parce que les interprètes des deux doublages sont tout aussi intéressants (comme pour Flora, les rois, les voix chantées d'Aurore et de Philippe) et nous pensons même que certaines voix sont plus belles dans le 2ème doublage (Janine Forney, les choeurs).

      Les seules vraies réserves que nous avons sur ce redoublage sont pour l'adaptation, et pour la voix de Maléfique (et encore, pour cette dernière, nous ne dénigrons pas son travail car nous précisons qu'elle apporte une autre dimension au personnage, plus "sexy" et glaciale. Et son travail est également lié à la direction artistique)

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  2. Beau travail encore une fois de votre part, même si il semble que vous soyez un peu (trop?) de parti pris pour le premier doublage...

    Etant un immense fan de ce film d'animation (c'est moi qui ai posté l'extrait du 1er doublage "Le Prince & Le Dragon" sur Youtube), et rêvant de posséder ce film dans sa première version française, je n'en ai pas moins un immense respect pour le doublage de 1981 qui est de fait le 1er que j'ai entendu lors de sa re-sortie sur les écrans cette année-là, et je suis bienheureux de constater que Disney France l'a épargné, au fil de ses diverses éditions VHS, DVD etc... Preuve, s'il en est, qu'il reste d'une excellente facture malgré ses presque 35 ans!!! Il sert parfaitement le film et ne le dénature d'aucune façon...
    La première version tient plus à, mon sens, de la pépite pour fan ou collectionneur (sans pour autant rabaisser le travail des artistes qui l'ont interprétée) qu'il est toujours agréable de pouvoir découvrir... Une sorte d'hommage au film lui-même...

    Je ne suis pourtant pas un fan des redoublages (Disney ou autres), loin de là, mais à défaut de sacraliser les versions originales comme c'est le cas (et heureusement!) aux USA, la politique de Disney en France est de proposer des "remises au goût du jour" (parfois très discutables)...
    Qu'il serait bon d'avoir accès sur nos supports aux précédentes versions, ne serait-ce que pour pouvoir comparer ou découvrir et entendre ces versions parfois délicieusement surannées, voire carrément datées pour certaines, mais avoir le choix, et ne pas se voir imposer des versions qui n'ont plus aucun lien avec nos souvenirs d'enfance. Car il s'agit bien de cela: de nostalgie...

    Par exemple, le premier doublage de "Cendrillon" est, dans le même ordre d'idée, un vrai plaisir à écouter lui aussi, alors qu'à l'inverse le tout premier doublage de "Blanche Neige & les 7 Nains" tient plus (à mon sens encore une fois) d'une "curiosité" (=bizarrerie) pas toujours agréable à écouter car vraiment très daté (et presque râté) quand on le compare au sublime redoublage de 1962... Mais c'est tout de même très interessant d'avoir pu y accéder, car il est le reflet d'une époque et fait partie intégrante de l'adn du film.

    Par contre, petite erreur de retranscription de votre part concernant la malédiction que jette Maléfique sur le château (version 1981), il ne s'agit pas comme vous l'avez écrit de :
    « Qu’une forêt de ronces soit désormais son tombeau,
    Qu’un orage se déchaîne et qui gronde la haut,
    Vas, cours déporte par-delà l’horizon,
    Au château et alentours cette malédiction !»

    mais plutôt de:

    « Qu’une forêt de ronces soit désormais son tombeau,
    Qu’un orage se déchaîne et QU'IL gronde là haut,
    Vas, cours ET porte, par-delà l’horizon,
    Au château et alentours cette malédiction !»

    Quitte à critiquer le second doublage soyez-lui au moins fidèle ;-p
    En tous cas merci pour tout votre sacré boulot!

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    Réponses
    1. Merci Julien, pour votre message et pour la correction (on ne devait pas avoir les yeux -ou les oreilles- en face des trous) ;-)

      Nous avons aussi beaucoup de respect pour les comédiens et chanteurs de 1981 (qui ont "enchanté" bien d'autres Disney), nos principales réserves sont sur l'adaptation

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  3. Cet article est passionnant ! Merci, merci, merci pour votre travail et l'analyse détaillée faite. On peut ne pas partager votre avis sur tous les points, c'est bien normal, mais il est agréable de se confronter à des points de vue un peu différents parfois.

    J'ai été particulièrement intéressé par votre réserve sur Sylvie Moreau. J'ai découvert le film à sa sortie de 1981 et, pour moi, elle était, évidemment, le personnage (au point de lui téléphoner pour lui faire part de mon admiration vers 1989. Maléfique au bout du fil, quel pied !). Puis, j'ai découvert le film en VO via la VHS de la fin des années 1990, et je ne peux plus me passer d'Eleanor Audley. Vous avez raison de dire que Jeanne Dorival en est plus proche. Je trouve néanmoins que sa voix ne possède pas le côté "électrique" (faute d'un autre terme) qu'a Sylvie Moreau. Cette dernière me semble également meilleure dans le sortilège sur le château que J. Dorival et E. Audley (la voix est là plus forte et inquiétante).

    Vous ne l'avez je crois pas relevé, mais il y une erreur grammaticale dans la version française de 1981. "Je ne peux jamais voir ni parler à personne" ne marche pas.

    Enfin vous évoquez le "Dites à ces folles...". Mais vous ne pointez pas l'essentiel (sauf si je me trompe moi-même) qui est que Caillé et Nahon font, me semble-t-il, un contresens. Maléfique entend du bruit, elle se lève, elle ne peut que penser que ce sont ses sbires qui sont à l'origine du bruit. Le "You, tell those fools..." devrait être "Et toi, dis à ces fous [les sbires]...". Là, elle voit les fées et le prince, d'où son exclamation "Non !" . Mais le "those fools" ne peut désigner les fées, et on ne voit pas pourquoi elle parlerait au féminin de son entourage exclusivement masculin.C'est ce que je comprends du "draft" disponible ici :

    http://www.afilm.com/blog/2082-SBdraft-123.jpg

    Quelques petits commentaires, donc. Pour l'essentiel, cependant, je crois être d'accord avec vous. Merci encore, et merci à vos "collègues" pour Pinocchio, Bambi et Alice !

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  4. AU BOUT... DU BEAU MILIEU DU REVE

    C’est vrai nous ne sommes pas professionnels, en ce sens qu’aucun d’entre nous n’est ni adaptateur, ni directeur de plateau, ni comédien… ce qui ne nous empêche pas d’exprimer un avis : le nôtre ; mais qui ne saurait prétendre être la vérité.

    Je suis, moi aussi, attaché à la version de 1981, vue et revue des dizaines de fois, et dont j’apprécie les voix, malgré ma préférence pour celle de 1959. J’ai expliqué pourquoi, avec des arguments qui restent subjectifs et matière à débat contradictoire. Comme le montrent les différents commentaires.

    Vous avez raison de parler de nostalgie et de parti pris. Je suis persuadé que la version avec laquelle chacun de nous a grandi reste, pour lui, la meilleure ; car une dimension affective influence notre objectivité, consciemment ou non.

    Il est intéressant de constater qu’il n’y a pas que le redoublage français de la Belle au Bois Dormant qui fait débat. Par exemple, la version latino américaine réenregistrée en 2001 au Mexique, a suscité des critiques tant sur l’adaptation que le jeu des comédiens et notamment celui de l’actrice qui prête sa voix au personnage de Maléfique, notre bien aimée sorcière ! Les spectateurs restant attachés aux paroles des chansons avec lesquelles ils ont grandi, le jeu et le timbre des voix auxquels ils sont habitués, ce n’est pas surprenant. Certains d’entre eux, là bas, réclament encore, comme nous ici, la possibilité de disposer également de l’ancien doublage sur les nouveaux supports.

    Chaque version française est une création artistique unique, donc une proposition forcément différente de la précédente, et même de la version originale. Il existe donc forcément des différences de voix, de jeu, de vocabulaire ; et même simplement de langue. L’exemple le plus flagrant est le problème posé par le titre original du conte de Perrault : « La Belle au Bois Dormant », réduit en anglais au seul « Sleeping Beauty ». Cette simplification a permis aux scénaristes du dessin animé d’escamoter le bois enchanté qui protège le sommeil de la princesse, mais elle pose un problème inévitable lorsque l’on revient, en français au titre original.
    De plus, « Sleeping Beauty » est une œuvre qui date de 1959. Sa première adaptation française aussi, c’est pourquoi l’on est tenté de vouloir les associer de manière définitive. Mais le cinéma est à la fois un art et une industrie. La nouvelle adaptation de 1981 a permis de rendre le film plus accessible au public francophone plus de 20 ans plus tard, et continue de le faire aujourd’hui. De la même manière, le redoublage de Blanche Neige en 1962 permettait à la publicité d’époque d’affirmer : Blanche Neige nous revient plus jeune que jamais ! Ce même argument aurait pu aussi être utilisé en 1981 pour le retour de la Belle au Bois Dormant, après 10 longues années d’absence des écrans de cinéma, avec son nouveau casting vocal, et sa nouvelle adaptation.

    Pour revenir plus particulièrement sur les commentaires de Lionel, je suis entièrement d’accord : Maléfique croit bien avoir été réveillée de son sommeil par ses créatures, et c’est pourquoi elle ordonne à son corbeau de les faire taire. Leurs voix, entendues plus tôt dans le film, sont manifestement masculines, et la traduction de « fools » auraient du en tenir compte.
    Et c’est vrai, aussi, que l’usage successif de deux verbes l'un transitif, et l'autre intransitif pose problème.
    - « Je ne peux jamais voir personne, ni parler à quiconque » aurait du dire la princesse. Les Fées ont été un peu négligentes sur son instruction grammaticale ! :-)

    Nous attendons avec impatience vos commentaires, pour enrichir la réflexion autour de ce sujet qui nous passionne, et nous réunit, même dans le désaccord.

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  5. Tout ça, c'est vraiment magnifique... J'ai perdu les premiers doublages de "Blanche-Neige", malheureusement, mais pas tous les autres... Bravos!!!
    PS: Pourquoi le site est italien (.it)?

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  6. Pour mettre tout le monde d'accord, j'aime le doublage de 1959, j'aime le doublage de 1981 !
    Ce dernier m'a simplement permis de redécouvrir mon film préféré autrement, par le biais de caractères, de voix et de textes différents. Admettez que connaître pratiquement par coeur les dialogues (ceux de 1959), et pouvoir anticiper toutes les répliques chaque fois, cela en devient presque lassant à la fin.
    Mais puisqu'on ne peut éviter les comparaisons... Selon moi, Maléfique 1959 est plus cruelle et sournoise, et est dotée d'un vocabulaire élaboré. Celle de 1981 est plus hautaine et glaciale, mais paradoxalement, dévoile un côté plutôt aguichant.
    Et Philippe ? Le timbre de 1959 révèle un personnage viril, volontaire et sûr de lui (pour combattre un dragon il faut bien, mais cela reste un peu effrayant pour une jeune fille), celui de 1981 est plus harmonieux (idéal, plus pour séduire une nana qu'un dragon).
    Les textes de 1959 sont plus poétiques et littéraires (" Épée de Vérité, frappe l'ennemi odieux ! " = on se croirait dans une pièce de Corneille !), ceux de 1981 plus accessibles à un large public (baccalauréat pour tous).
    Pour finir : avantage des deux côtés, match nul. Les deux doublages méritent la même haute considération...
    Bravo pour votre article et vos recherches !
    Remarque : lors de la dernière scène (robe rose, robe bleue), dans la version 1959 on entend Pimprenelle dire "Bleu !" et Flora dire "Rose !", dans celle de 1981 leurs lèvres ont beau bouger, aucun son n'en sort. (Vous aviez signalé la même chose pour Flora avec son "Partons !")

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  7. Merci énormément pour ce travail de recherche et pour cet article riche et merveilleux car ce qui concerne ce chef d'oeuvre est merveilleux.Entendre le premier doublage est un délice et m^me si je préfère le second doublage qui est celui de mon enfance et que je trouve plus en adéquation avec les personnages entendre le doublage de 1959 est formidable.Ce classique de Disney est certainement mon plus grand traumatisme esthétique de tout les temps,je vénère au plus haut point ce chef d'oeuvre qui est une oeuvre d'art,un joyaux pur.Bravo et encore merci pour cet article,pour vos articles super riches et intéressants car le doublage est l'âme d'un film

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  8. COQUIN DE SORT !

    Virginie qui a lu notre article avec intérêt, nous interroge :
    - l'adaptation de Pierre François Caillé est-elle plus fidèle à la version originale ou au conte de Perrault ?

    Pour rechercher des éléments de réponse, elle a relevé tous les éléments chiffrés cités dans le texte auquel les scénaristes revendiquent s'être référés d'après les cartons du générique.
    Ce faisant, elle pointe le fait que dans la version de Perrault, le sort jeté par la mauvaise fée n'est pas limité dans le temps. La princesse mourra dès qu'elle se piquera le doigt à un fuseau. Et c 'est vers l'âge de 15 ou 16 ans (imprécision propre au conte de Perrault) que la malédiction, finalement, s'accomplit.

    A ces informations, nous ajoutons que, dans la version des frères Grimm, la malédiction de la fée oubliée au baptême est plus limitée dans le temps : "La fille du roi se piquera avec un fuseau lors de sa quinzième année et en tombera morte."

    Revenons à présent à la version originale du dessin animé. Elle effectue une sorte de synthèse :
    - "Before the sun sets on her sixteenth birthday" prophétise Maléfique.
    Ce que l'on peut traduire par "avant que le soleil ne se couche sur son 16e anniversaire". Le sort court donc pendant une période précise : du baptême, au soir de ses 16 ans ; ce dernier jour devient ainsi une échéance au delà de laquelle le sort est échu, une forme de date de péremption de malédiction.

    Dans l'adaptation de Pierre François Caillé, en 1959, les choses changent :
    - "Avant le coucher du soleil, le jour de son 16e anniversaire...".
    La malédiction ne concerne plus qu' une seule journée !
    Ce qui justifie mal le fait d'arracher Aurore à ses parents, et la tenir recluse pendant 16 ans qui plus est dans une chaumière, quand un seul jour de vigilance accrue aurait suffit !
    C'est le canon pour écraser la mouche !

    En 1981, Natacha Nahon propose comme délai : "avant l'aube de ses 16 ans". Ce qui est plus proche de la durée proposée dans la version originale...à un coucher de soleil près !

    Pierre François Caillé semble donc, pour le sort au moins, avoir été plus fidèle... à la version de Grimm !

    Je n'ose estimer le nombre de remarques supplémentaires, lorsque nous aurons enfin récupéré l'intégralité de la version de 1959 !

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  9. Merci pour votre intéressant et passionnant article très bien documenté.......MAIS :
    le grand problème avec Jeanne Dorival, c'est cet accent épouvantable parisien des années 50 avec cette diction anti-naturelle tirée à 4 épingles : Maléfique avec une voix de bourgeoise parigotte type 16°Arrt, j'ai toujours eu l'impression très embarrassante d'entendre Jacqueline Maillan ou Micheline Dax ou Marthe Mercadier , ou les actrices rombières (et géniales) dans les film après-guerre de Tati ou Jacques Becker...on est très loin du Moyen-Âge et des contes de fées !!!

    Sylvie Moreau a une classe hallucinante, la voix gothique par excellence, le timbre est parfait et elle sonne juste - c'est une voix assez fantasmatique, très aristocratique (à l'inverse de Jeanne Dorival) et plutôt inquiétante, qui apporte une facture très autoritaire indispensable à l'envergure du personnage ...elle me fait penser à une version féminine du Dracula de Christopher Lee de 1958.

    Dans le livre-disque 33T 1959, la MaléfiCE en question est interprétée par Muse Dalbray, une comédienne de théâtre - que vous ne nommez pas - avec une voix EXTRAORDINAIRE à mi-chemin entre Jeanne Dorival et Sylvie Moreau, mais beaucoup plus proche de la majesté de Sylvie Moreau avec un timbre de voix plus mûre, mais non âgée. On imagine le choc si elle avait obtenu le rôle !

    Un mot sur Eleanor Audley : voix très spéciale, mais là non plus ça ne va pas. Trop âgée, trop passive, trop molle...c'est une voix d'une respectable "old Lady", pas d'une fée. L'immense Katharine Hepburn aurait bien mieux convenu dans le même esprit.

    NB : je suis pourtant contemporain de la version 1959 l'ayant connu, enfant, dans les années 60.

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    1. Comment critiquer le choix d'Eleanor Audley qui a inspiré le personnage ? Maléfique est une souveraine, elle règne sur le mal, de son palais en ruines. Il est normal que sa voix soit posée, majestueuse, comme la plupart de ses gestes !

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