samedi 25 août 2012

Georges et Michel Costa : Musique Magique (Partie 1/4)


Les chœurs de la variété française des années 70/80 (l’opéra-rock Starmania, Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday), quelques tubes composés et chantés en duo (« Cocotiers », « Musique Magique »), les jingles de la quasi-totalité de la bande FM, les doublages et redoublages de films d’animation du début des années 90 (Aladdin, Le Roi Lion) à nos jours (La Princesse et la Grenouille, Shrek 4)… Autant d’occasions d’entendre la voix des incontournables frères Costa. Michel et Georges m’ont reçu avec beaucoup de sympathie dans leur studio d’enregistrement pour répondre à mes questions sur leur riche carrière.

Entretien réalisé le 25/10/2010


Dans l’ombre des studios : Vous êtes nés au Maroc. Pouvez-vous me parler de vos débuts ?

Georges Costa : On a toujours aimé la musique ! On a commencé comme les mômes de l’époque : on a appris la guitare en écoutant les Shadows, et le chant en écoutant Elvis Presley, puis les Beatles. Notre père nous avait acheté un petit magnétophone et on s’enregistrait.

Michel, Georges Costa et Michel Elmosnino
DLODS : Avez-vous conservé ces enregistrements ?

Georges Costa : Non parce que quand nous avons déménagé du Maroc, nous avons tout laissé là-bas. Peut-être Michel Elmosnino en a-t-il gardé ?

Michel Costa : Michel Elmosnino est un ami d’enfance, c’est vraiment l’un des premiers avec qui on avait monté notre groupe au Maroc. Ensuite il a été guitare solo dans un très bon groupe, puis directeur artistique dans des maisons de disque, principalement pour Polydor. Il a rencontré Marie Myriam et ils se sont mariés.

DLODS : Marie Myriam… pour qui vous avez fait les chœurs de « L’oiseau et l’enfant » pour l’Eurovision !

Georges Costa : En effet, on avait fait l’Eurovision avec elle, et on avait gagné, mais à l’époque ils ne se connaissaient pas encore.

Michel Costa : Ensuite on est rentré en France, à Avignon, et on a enregistré quelques chansons dans une Maison des Jeunes et de la Culture. Notre père a envoyé ça à un éditeur à Paris. Cela lui a plu, et il nous a fait monter à Paris. Il nous a dit « Vos chansons m’intéressent, et le fait que vous les chantiez également. Je vais vous trouver une maison de disque». On a fait notre premier disque en 67, et il est sorti en 68. Pas de bol ! (rires)

DLODS : Ca aurait peut-être été du bol si ça avait été une chanson « révolutionnaire » !

Michel Costa : Mais ça ne l’était pas du tout (rires). On avait une chanson qui s’appelait « Je suis hippie », et le temps qu’elle sorte on a été obligé de la changer en « J’étais hippie » car ce n’était déjà plus la mode. On a enregistré notre premier disque avec des arrangements de Roland Vincent, qui est notamment le grand compositeur de tous les tubes de Michel Delpech. Et c’est là où on a commencé à s’intéresser un petit peu aux arrangements, on a un appris à écrire et à lire la musique.

DLODS : Avez-vous suivi pour cela une formation particulière ?

Georges Costa : On a pris un bouquin et fait des exercices…

Michel Costa : Et on a enregistré quelques disques entre 67 et 71 qui passaient bien en radio mais qui ne se vendaient pas beaucoup. Par contre on avait une bonne cote parmi les professionnels, et on a placé quelques-unes de nos chansons, notamment pour Mireille Mathieu, Sylvie Vartan… Parallèlement à cela on poursuivait nos études, moi en sciences, et Georges en lettres, et à un moment mes parents et mon troisième frère ont décidé d’émigrer aux Etats-Unis. On devait partir aussi avec notre famille,  mais on s’est dit qu’il valait mieux rester encore six mois à Paris pour essayer de gagner un peu d’argent avant de partir. On a fait un disque qui s’appelait « Costa-Yared-Costa » avec Gabriel Yared qui était déjà un grand compositeur mais qui l’est devenu plus tard « officiellement ».

Georges Costa : Et qui était aussi un super ami, puisqu’il a habité deux ou trois mois chez nous, comme un frère.

Michel Costa : Le disque nous a apporté une bonne cote, du prestige. Il était un peu en avance sur ce qui se faisait à l’époque.


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Michel Costa, Gabriel Yared (piano) et Georges Costa chantent "On saturday" (1973)

DLODS : Que faisiez-vous dans ce disque ?

Claude François et ses choristes, les Fléchettes
Michel Costa : On avait tout composé, arrangé, et on chantait ensemble tous les trois. Donc c’est un album qui n’a peut-être pas marché commercialement mais qui a pas mal marqué, et grâce à cet album Gabriel est devenu l’arrangeur célèbre qu’on connaît, donc il y a eu de plus en plus d’arrangements à faire, pour tous les grands chanteurs. Et un jour il m’appelle et me dit « Il y a une séance de chœurs, présente toi au studio Davout, c’est pour faire des chœurs pour Jean Claudric ». Une séance de chœurs, moi, je ne savais même pas que ça existait. « Mais il faut lire la musique ? Parce que nous on écrit la musique mais on ne la lit pas très bien… » et il me répond « Non non, tu verras »… Je me présente là-bas, et il y avait cette fameuse équipe de chœurs assez drôle : les quatre Fléchettes (Dominique Poulain, Catherine Welch, Francine Chantereau et Martine Latorre), choristes de Claude François, qu’on a connu à cette occasion-là, Alain Legovic alias Alain Chamfort, Michel Pelay qui est compositeur, Christian Padovan un bassiste, et moi qui remplaçais quelqu’un d’autre, Gérard Krawczynski, qui avait préféré arrêter les chœurs pour se consacrer pleinement à la guitare. J’ai fait cette séance de chœurs où on nous montrait nos voix au piano, c’était assez facile à retenir, et ça a plu. Et l’équipe de chœurs m’a dit « Je crois que tu as un frère qui chante bien aussi, est-ce que tu pourrais l’emmener, car Christian Padovan souhaite quitter le groupe, et on doit refaire l’équipe». Et c’est comme ça qu’on a commencé à faire des chœurs, la deuxième plus grosse aventure de notre vie. On n’a pas arrêté, on faisait quatre séances par jour, du coup on n’est pas parti aux Etats-Unis car ça paraissait un peu dur d’abandonner tout ça, et on a fait des chœurs pour pratiquement tout le monde. C’est plus facile de trouver des gens pour qui on n’a pas travaillé que l’inverse.

Georges Costa : Brel on ne l’a pas fait, Brassens et Nougaro non plus, car ils avaient peu ou pas de chœurs. On a accompagné Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Jean-Jacques Goldmann, Serge Gainsbourg (« L’ami Caouette »), Julien Clerc, Eddy Mitchell, etc.

Michel Costa : On a fait aussi des chœurs pour Charles Trénet, Tino Rossi, Guy Béart, Gilbert Bécaud, Francis Lemarque (un grand enregistrement au studio Pathé, avec Jean Claude Petit), toutes les gloires de l’époque. Et dans notre équipe de choristes, Alain Chamfort a arrêté les chœurs et commencé sa carrière de chanteur soliste. Du coup après on a fait des chœurs pour lui (rires) : les disques « Trouble », « Traces de toi », etc.

Georges Costa : Nous ne nous souvenons pas de tout. Le problème c’est qu’on nous appelait et on ne savait pas pour qui on allait chanter le lendemain. On nous disait en arrivant sur place « C’est pour Enrico Macias » et on se mettait à l’ouvrage.

La première équipe des Swingle Singers
DLODS : Les choristes de votre génération, pour la plupart autodidactes, ne lisaient pas la musique à leurs débuts, contrairement aux anciennes générations de choristes issues du conservatoire (Christiane Legrand, Jean Cussac, membres des Swingle Singers) ou de la Maîtrise de l’ORTF (Danielle Licari), capables de déchiffrer rapidement une partition. Est-ce que ce n’était pas un handicap, et y-a-t-il eu des tensions avec l’ancienne génération ?

Michel Costa : Il y avait une équipe de choristes, Jean-Claude Briodin, Janine De Waleyne, Jean Stout qui sortaient de formations classiques, et notamment du conservatoire, et qui savaient lire la musique. Et quand est arrivée cette équipe constituée d’Alain Chamfort, Michel Pelay, nous, des Fléchettes, de quelques choristes de Claude François qui ne lisaient pas très bien -encore que Francine lisait très bien-, ils montraient aux autres ce qu’il fallait faire. On ne lisait pas très bien au début, mais on allait très vite, donc ce n’était pas un réel handicap. Je pense qu’il y a eu quand même un petit aspect de jalousie vu que quand cette équipe-là est arrivée elle a fait une razzia immense sur tout le métier, donc ça a un petit peu refroidi les autres. Ils disaient « Ce n’est pas normal qu’on confie des séances à des gens qui ne lisent pas la musique ».

Georges Costa : Et finalement étant donné qu’au bout d’un an on faisait plein de séances, on a fait travailler les autres !

Michel Costa : Donc ce problème s’est un peu estompé. Il y a eu en effet un moment avec des jalousies, mais c’est normal. Les Fléchettes avaient un son particulier, les gens en avaient rien à faire si elles lisaient ou pas. Elles apprenaient vite, il n’y avait pas de problème.

DLODS : Comment étaient constituées les équipes de choristes dont vous avez fait partie ?

Mireille Mathieu avec ses musiciens et choristes
Michel Costa : A un moment on travaillait avec trois équipes différentes : avec les Fléchettes pour tous les arrangeurs « modernes » comme Jean-Claude Petit, Jean Claudric et tous les gens qui faisaient de la variété. Avec Jocelyne Lacaille, Hélène Pedersen-Devos et Eliane Holland, avec qui on travaillait entre autres pour Gabriel Yared. Et une troisième équipe avec Nicole Darde, Françoise Walle et Danièle Bartolletti, et de temps en temps Michel Barouille et Jean Stout faisaient partie de cette équipe avec qui on a notamment accompagné Mireille Mathieu.

Georges Costa : Et Olivier Constantin. Ca nous arrivait souvent d’appeler Jean Stout. Jean-Claude Briodin, on l’appelle toujours, Michel Barouille aussi quand il y a de grandes séances…

DLODS : Comment vous répartissez-vous les pupitres tous les deux?

Michel Costa : Je fais les aigus, et Georges les graves, encore que de temps en temps on croise.

DLODS : Comment expliquez-vous le succès de ce « son Costa » ?

Michel Costa : Je pense que personne ne peut vous expliquer pourquoi il a du succès (rires). A mon avis ça a plu parce qu’on avait un son différent des chœurs traditionnels avec la grosse basse.

Georges Costa : On écoutait beaucoup plus les groupes anglo-saxons comme les Beatles.

Michel Costa : Oui, on était beaucoup plus au courant de ce qui se faisait, et on a bénéficié du fait que pratiquement tous les trucs nouveaux étaient à base de voix, et surtout de voix d’hommes… Il y avait Earth, wind & fire, les Bee Gees, les Beatles, Kool & the gang, bref tous ces gens-là étaient dans ce registre. Du coup on devenait les Français pouvant faire ce genre de choses. On a eu de la chance !

DLODS : Ce son « Bee Gees », on peut l’entendre dans les chœurs de la chanson « Au pays des merveilles de Juliet » d’Yves Simon…

Georges Costa : Absolument, on faisait les voix de tête.

Michel Costa : C’est un super disque d’Yves Simon !

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Yves Simon chante "Au pays des merveilles de Juliet" (1978)
accompagné par Michel Costa, Celmar Engel, Bernard Ilous, Georges Costa, Michel Barouille et Jean-Claude Briodin

DLODS : Accompagniez-vous aussi les artistes en tournée ?

Georges Costa : Très rarement. On faisait les Olympia, et tout ce qui était à Paris, comme le Palais des Congrès. On faisait trois ou quatre séances d’enregistrement par jour, alors ce n’était pas intéressant de partir un mois en tournée. Ni financièrement, ni par l’intérêt même du boulot, car quand vous êtes sur scène vous faites toujours les mêmes chansons.

Michel Costa : Les Olympia on les faisait parce que c’était pour des chanteurs qu’on connaissait, à Paris, le soir… Mais ce n’est pas très enthousiasmant de faire le même truc tous les soirs.

Georges Costa : On était surtout des gens de studio, et on l’est toujours d’ailleurs.

DLODS : En studio vous enregistriez à combien de choristes ?

Michel Costa : A l’époque les équipes de chœur étaient constituées de quatre hommes et quatre femmes ou en tout cas minimum 3+3. On était parfois 8+8 à des séances pour Sardou, Hallyday.

Georges Costa : J’ai même des souvenirs de séances où on était 16+16, c’était énorme. 32 choristes !

Michel Costa : Ca a changé à partir du début des années 80, où les multipistes ont été beaucoup plus performants. On avait des 24 pistes, 32 pistes, et du coup on pouvait faire beaucoup de multi-recordings. C’est là que notre son a été le plus mis en valeur et que des gens nous appelaient vraiment pour ça. Ils voulaient qu’on fasse toutes les voix, même sans filles, et on faisait les voix de tête. C’était un autre travail par rapport à la composition « classique » des chœurs du début.

Séance de choeurs pour le film Agathe Cléry
DLODS : Quels sont les chanteurs qui prennent encore des choristes actuellement ?

Georges Costa : Ca dépend des disques et des chansons. Je pense que tous les chanteurs qui ont encore des contrats avec des maisons de disque -et il n’y en a plus beaucoup maintenant !- prennent encore des choristes. Mais ce sont des chanteurs des précédentes générations comme Frédéric François pour qui on a fait dernièrement des chœurs en Belgique, ou Pierre Perret avec qui on a travaillé il y a peu. Maintenant les jeunes ne font que deux ou trois disques… Et pour leurs chœurs, soit ils prennent des copains, soit une ou deux filles, soit les musiciens, soit le chanteur se réenregistre lui-même. Avant, choriste c’était un boulot à plein temps, professionnel, centralisé par les arrangeurs. Les choeurs étaient écrits et faisaient partie de l’arrangement comme les cordes ou les cuivres, maintenant ça se contente d’une double voix qu’on entend vaguement derrière ou on les rajoute comme ça dans un couplet ou un refrain. D’abord pour des raisons économiques ensuite pour des raisons de mode. Ce n’est plus la mode des formations comme celle de « Mamy Blue » de Nicoletta.

DLODS : On vous retrouve comme choristes dans la plupart des Eurovision des années 70/80, comment cela s’est-il présenté ?

Georges Costa : On était dans l’Eurovision parce qu’on était les choristes de tout le monde et qu’on travaillait pour tous les chanteurs français qui passaient à l’Eurovision, donc c’était naturel qu’ils nous appellent.

Michel Costa : Et surtout on a gagné la première Eurovision qu’on a faite avec Anne-Marie David. C’est plutôt un bon point, car dans ce métier ils sont très superstitieux. Qui a gagné gagnera (rires) ! Et à partir de là on l’a fait pratiquement tous les ans. On a accompagné Marie Myriam qui a gagné avec « L’oiseau et l’enfant ».

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Marie Myriam chante "L'oiseau et l'Enfant" (Eurovision 1977) accompagnée par Jean-Claude Briodin, les Costa et deux "Fléchettes" (Francine et Dominique)

DLODS : Vous avez aussi composé des chansons qui ont été en compétition…

Michel Costa : On a réussi à faire une chanson avec Anne-Marie pour Monaco qui cherchait une chanson. On l’a montrée, et ça s’est fait comme ça. Et puis on a aussi composé une chanson pour les Fléchettes qui ont représenté la France une année (« Européennes » par Cocktail Chic). Il y a eu un concours de sélection sur France 2, où il y avait six ou sept propositions et les gens ont voté pour notre chanson.

DLODS : Georges, vous avez aussi composé une chanson pour Marie Ruggeri alias Mary Cristy (« Toi, la musique et moi », Eurovision 1976) et Michel et vous l’avez accompagnée. Elle m’a raconté que vous étiez un peu… stressé !

Georges Costa : On était tous stressé !

Michel Costa : Elle aussi !

Georges Costa : Surtout elle, d’ailleurs !

Michel Costa : Marie nous chuchote juste avant de commencer : « J’ai toujours un problème pour démarrer » (rires)

Georges Costa : A chaque fois elle me disait ça. C’était peut-être parce qu’elle avait la pression. En tout cas j’ai revu la vidéo, elle l’a super bien chantée ! On a fini troisième.

DLODS : Comment se fait-il que Monaco et Luxembourg recrutaient leurs candidats parmi des chanteurs français ? Parce qu’étant de « petits » pays, ils n’avaient pas beaucoup de chanteurs « locaux » ?

Michel Costa : Luxembourg c’était RTL donc c’était Monique Le Marcis qui dirigeait tout ça et elle était basée en France, elle connaissait tous les chanteurs français.

Georges Costa : Donc même les chanteurs solistes n’étaient pas luxembourgeois.

Michel Costa : Je crois qu’à un moment, comme il y avait trop de français, ils avaient instauré une obligation d’avoir tous les trois ans au moins un chanteur de langue luxembourgeoise, en l’occurrence en allemand. Mais ça n’a pas duré longtemps.

Georges Costa : Maintenant c’est plus simple, les gens chantent tous en anglais. Il n’y a que la France qui chante en français… et c’est pour ça qu’on ne gagnera plus jamais (rires).

Corinne Hermès (Eurovision 1983)
DLODS : Regardez-vous encore l’Eurovision ?

Georges Costa : Quand je tombe dessus, je regarde… C’est kitch, et assez rigolo à voir !

Michel Costa : Mais il y a de très bons chanteurs !

Georges Costa : Oui, il y a un bon niveau. L’Eurovision, c’était nos vacances (rires).

Michel Costa : Il y a eu une année où on a chanté pour cinq pays, à Paris : France, Luxembourg, Monaco, Belgique et Allemagne. On changeait de vestes entre les chansons.

DLODS : Dans quelles circonstances avez-vous accompagné l’Allemagne ?

Michel Costa : On passait aux répétitions, et l’Allemagne était dans la salle, ils n’avaient pas de choristes et se sont dits « Ces choristes doivent être très bons parce qu’ils représentent tout le monde » ! (rires)

DLODS : Ce n’était pas trop dur de chanter en allemand ?

Georges Costa : Non, on avait juste « feuer » à chanter, et le reste c’était des « ah », des sons comme ça. On a chanté en pas mal de langues, on a pas mal chanté en anglais, notamment en 1990 pour la création de Disneyland Paris. On a enregistré la plupart des chansons qui passent là-bas.

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Ireen Sheer chante "Feuer" (Eurovision 1978) accompagnée par trois "Fléchettes" (Catherine, Dominique, Francine) et les Costa

Pour lire la suite de l'interview (partie 2/4), veuillez cliquer ici


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